La prépa vêlage en Vache Allaitante : préparer sa vache pour un vêlage réussi !
publié le 20.07
Pour une vache allaitante, le vêlage est l’étape clé de l’année pour avoir un veau en bonne santé. Pour lui assurer un bon démarrage en lactation et un retour en chaleur rapide, la gestion de son état corporel est essentielle.
Il convient donc d’adapter l’alimentation tout au long de l’année, en ajustant les apports selon les besoins de gestation et de lactation, tout en composant avec les variations saisonnières et les ressources fourragères.
Une capacité d’ingestion qui diminue et des besoins qui s’accroissent…
L’objectif est d’assurer les besoins énergétiques et protéiques en fin de gestation pour stabiliser l’état corporel de la vache et préparer le vêlage.
La vache est adaptée à des fluctuations d’état, et une variation de poids de l’ordre de 15% pendant l’année est tolérée.
C’est moins vrai en fin de gestation où toute variation de plus de 5% aura un impact ultérieur. En raison de la forte croissance du veau dans le dernier trimestre de gestation (le veau prend les 2/3 de son poids), la capacité d’ingestion de la vache diminue sous 11kg. Un fourrage trop fibreux et encombrant ne suffira pas à répondre aux besoins.
Une ration plus concentrée est donc nécessaire pour faire face aux besoins de croissance du fœtus et de production de colostrum, jusqu’à 2 UF en plus dans la ration.
Au pâturage, en cas de manque d’herbe, les meilleurs fourrages doivent être distribués. En bâtiment, une complémentation sera nécessaire suivant la valeur des fourrages disponibles.
…et des idées à combattre.
Certains pensent qu’alimenter correctement les vaches dans le dernier mois de gestation fait grossir le veau et entraine des vêlages difficiles. Cela peut être vrai en cas de suralimentation. Il n’y a aucun impact avec une ration raisonnée.
En revanche, un déficit énergétique de 20 % conduira à une augmentation des diarrhées sur les veaux avec un doublement de la mortalité néonatale. Un déficit de 30 % triplera la mortalité des veaux ! Par ailleurs, la vache ne revient en chaleur qu’en reprise de poids, un déficit énergétique va donc augmenter l’intervalle vêlage-saillie fécondante. Ce phénomène explique la problématique des génisses qui retardent car elles ont une capacité d’ingestion plus faible et des besoins plus importants du fait de leur croissance.
Une minéralisation raisonnée…
Le choix de la composition se fera en fonction de la ration. La supplémentation des vaches en fin de gestation est intéressante pour la qualité du colostrum, la santé du veau et la reproduction.
L’objectif est d’accroître la teneur en anticorps (rôle du sélénium et de l’iode notamment) et assurer un meilleur transfert immunitaire via le colostrum.
De manière générale il faut retenir que dans une ration vache tarie on va :
- Baisser le calcium (ne jamais donner accès à du bicarbonate de calcium),
- Baisser le phosphore,
- Augmenter le magnésium.
Le magnésium a un rôle important dans le fonctionnement musculaire et va donc favoriser les contractions utérines au moment du vêlage, permettant une meilleure expulsion du veau et de la matrice. En pratique, on l’anticipe par l’apport, 15 jours avant vêlage, de 30 à 50 g de chlorure de magnésium (MgCl2)/vache/jour.
… sans oublier les oligoéléments
Deux vitamines et un oligo vont jouer un rôle essentiel dans la préparation au vêlage :
- La vitamine E : Bonne délivrance du placenta.
- La vitamine A : Contre infections mammaires, avortements mort-nés et réduction de la fertilité.
Les oligo-éléments au tarissement sont essentiellement
- L’Iode (I) : fertilité et l’immunité
- Le Sélénium (Se) : immunité mère-veau, qualité du colostrum, rétention placentaire
- Le Cuivre (Cu) : rétention placentaire
- Le Zinc (Zn) : immunité
Pour les vaches en bâtiment, une distribution quotidienne en quantité adaptée est nécessaire. Au pâturage, ne pas sous-estimer l’apport de minéraux qui reste nécessaire. Il peut être sous forme de seau ou semoulette avec des pierres à sel à disposition.
Article rédigé par Camille DIDIOT – Conseillère bovin allaitant et fourrages chez Copelva