Fourrages d'été & THI
publié le 03.07
L’été est là et ses chaleurs caniculaires sont à nouveau au rendez-vous ! Voici une note pour semer sa dérobée d’été afin de sécuriser ses stocks.
Après une céréale ou un colza, pour peu que la pluviométrie soit de la partie pour semer dans des conditions rafraichies, il est possible d’envisager l’implantation d’une dérobée d’été afin de produire du fourrage supplémentaire.
Même si certains d’entre vous sont déjà obligés de rentrer les animaux, les dérobées estivales permettent de compléter les ressources fourragères et d’allonger ou reprendre la période de pâturage ou d’affouragement en vert en août- septembre.
Les semis doivent être réalisés de façon à produire de la biomasse en moins de 100 jours si on parle de dérobée d’été. La production de biomasse restera modérée, autour de 4 Tonnes de MS/ha, du fait de la date tardive de semis mais peut être intéressante si les stocks fourragers sont limités.
A titre d’exemple :
- J’ai 40 vaches allaitantes, qui mangent 15 kg de MS de fourrage par jour = 600 kg de MS/J à prendre sur les stocks en cours si je n’ai plus d’herbe d’avance.
→ Soit 36 Tonnes sur les deux mois juillet – août à trouver !
→ Soit une parcelle de 9ha si on compte un rendement de 4T .
- J’ai 250 chèvres au pâturage, qui mangent 2 kg de MS de fourrage par jour = 500kg de MS/J.
→ Soit 30T de besoin pour l’été
→ Soit une parcelle de 7.5ha si on compte un rendement de 4T.
Les apports d’eau proche du semis sont la clé de réussite d’une dérobée estivale. Et ce dès le départ. Pour réussir l’implantation, si on arrive à avoir 15 à 20 mm dans les jours qui suivent le semis, on augmentera forcément nos chances de réussite. On croise les doigts pour avoir le créneau cette année !!
Et comme il faut aller vite on n’hésite pas à semer juste après la moisson. De préférence en direct avec un semoir à dents ou à disque ou à la volée sous la coupe de la batteuse. Ainsi on bénéficie de la fraîcheur résiduelle du sol. Il sera possible de faire un apport modéré de 30 à 40 unités d’azote post fauche.
Pour le choix de sa dérobée estivale, attention aux rémanences de certains produits phyto en fonction du précédent. Il ne faut pas hésiter à aller vers des espèces de graminées productives par des températures élevées cette année (Moha, Teff grass,…).
Ou vers les associations graminées (RGI par exemple) et légumineuses (Vesce, trèfle d’Alexandrie) qui donnent aussi de bons rendements et un fourrage plus vert et couvrant. On obtient d’excellents résultats et qui nous permettent d’avoir un fourrage équilibré. Les plus simples associations sont souvent les valeurs sûres ! Moins d’influence sur le rendement global que pour un Moha ou un teff grass mais la valeur alimentaire n’en sera que meilleure.
Les crucifères comme la betterave ou le colza fourrager peuvent être d’excellents aliments à forte valeur alimentaire pour la ration.
Quelques valeurs sûres en dérobées fourragères estivales à semer après la récolte de la céréale : en 2025 on se rapproche des plantes tolérantes à la sècheresse !
Il faut être conscient que de grosses variations de rendement sont possibles selon la pluviométrie estivale et qu’il y a toujours un risque de ne pas couvrir ses frais de mise en culture.
→ Et la qualité ça compte dans l’assiette de nos animaux !
Nous vous souhaitons un bel été, vous trouverez les liens vers le réseau Herbe et fourrages, notamment celui sur la culture du moha si vous voulez plus d’informations sur la dérobée d’été.
→ N’hésitez pas à vous inscrire au flash Herbe et fourrages en cliquant sur ce lien : Herbe & Fourrages Centre
→ On revient vers vous dans l’été pour parler Matières Sèches Maïs.
Pour toutes questions n’hésitez pas à nous contacter !
Vos conseillères Fourrages COPELVA :
- Camille Didiot / 06 07 41 24 53
- Anne-Marie FILLIAT / 07 89 06 71 67
Le stress thermique a un très fort impact sur la production et la santé des ruminants en général. En effet cette année nous recensons des THI élevés depuis le mois de juin dû à des chaleurs élevées et une faible humidité relative. Cet indicateur « THI » a pour objectif de calculer les points de stress thermique en fonction des repères.
Les repères sont qu’un THI de 55 correspond a une humidité relative de 70 % combinée à une température moyenne de 12°C alors qu’un THI de 70 correspond à une humidité relative de 70 % combinée à une température moyenne de 22.5°C.
Chez les caprins, un THI de 80 équivaut à une situation de stress thermique impactant l’ingestion et la productivité du troupeau.
Chez les bovins, un THI de 70 équivaut à une situation de stress thermique impactant l’ingestion et la production laitière du troupeau laitier avec une baisse moyenne de 1.5 à 2 kg de lait/jour. Un THI de 80 impacte l’ingestion de 3 kg de MS/VL/jour et peut réduire la production laitière de 6 kg de lait/VL/jour.
La mise en œuvre d’une stratégie de gestion du stress thermique est primordiale pour le bien-être des troupeaux peu importe l’élevage.
Tout d’abord, on pense : ventilation naturelle !! Moins coûteuse, certains bardages peuvent peut être remplacés par des filets brise vents à action mécanique ou manuelle et si on peut tout ouvrir c’est le top !
→ Sinon, dans une autre réflexion, la mise en place d’équipements spécifiques peut permettre de réduire le stress thermique : Ventilateurs, Brumisation, Arrosage…
Côté alimentation : Pour les parcelles pâturées, préférer les parcelles avec des coins d’ombre et on est focus sur l’eau à disposition !!
→ En production laitière, on double approximativement les besoins en eau nécessaires pour maintenir une bonne hydratation des animaux. Dans ces moments de fortes chaleurs, l’accès à l’eau est un point clé, il faut donc veiller à permettre une disponibilité régulière de l’eau et un accès à l’abreuvement pour 100 % du troupeau.
Le THI a aussi un impact clair sur la reproduction du troupeau pouvant très fortement impacter la fertilité dès un passage à + de 75 de THI.
Figure 1 : Effet du THI moyen sur 8 jours suivant l’insémination – Source : ELVUP
La partie alimentation est aussi un poste clé, faisons attention aux rations en plein soleil qui chauffent.
→ Si possible on fractionne la distribution pour limiter l’échauffement et on fait le point sur la concentration énergétique de sa ration et sur l’apport oligo vitaminique.
Bel été à tous !
Anne Marie FILLIAT – Hugo VAYE