Stress thermique en élevage
publié le 15.06
Quelques préconisations
Sous de fortes températures, en été, les animaux vont boire plus. La consommation peut doubler, jusqu’à 150 L /j. Les recommandations montent à 10cm linéaire de longueur d’abreuvoir par vache soit pour un troupeau de 50 Vaches : 5 m linéaire d’abreuvoir. Ne pas hésiter à mettre en place des points d’eau supplémentaires en gardant en tête que le point d’eau en sortie de traite est le plus important !
Contrôler régulièrement la propreté des abreuvoirs et privilégier une eau à plus faible température (notamment au pâturage si possible ne pas mettre en plein soleil).
Les apports minéraux
Les pertes par la transpiration, l’évaporation, la respiration et via les urines sont plus importantes. Les apports de minéraux, oligo et vitamines doivent donc être augmentés de l’ordre de + 20% ; soit environ 50 g/VL/j. Surveiller particulièrement les apports de potassium (1,5% de la MS) perdu dans la sueur bovine, de magnésium (0,4% de la MS) et de sodium (3g/kg MS) à laisser disponible en libre-service.
Risque d’acidose ruminale
L’augmentation du taux respiratoire entraine une tendance à baver ce qui diminue la disponibilité des tampons naturels du rumen (bicarbonates salivaires). Ainsi les TB ont donc tendance à chuter. Tamponner le rumen avec la distribution quotidienne de bicarbonate de sodium : de 200 à 350 g/vache/jour est nécessaire. L’apport de levures peut aussi être intéressante pour le fonctionnement du rumen et soutenir la performance.
Diminution de la consommation de matière sèche
Il faut reconcentrer la ration de base pour couvrir les besoins. La première chose à faire est d’assurer la fibrosité de la ration : viser 18% de cellulose. Densifier la ration en énergie et en protéines mais en limitant l’apport d’amidon rapide, privilégier l’apport énergétique sous forme de sucres. L’ajout de matières grasses peut également être étudié tout en évitant les sources d’acides gras insaturés qui favorisent la chute du TB.
Privilégier la distribution de la ration soit en soirée ou très tôt le matin, dans l’idéal faire une distribution deux fois par jour. Pour ne pas dépasser le seuil des 45% de MS à l’auge, l’ajout d’eau peut donc être envisagé (de 1à5L d’eau/vache/jour)
Pour le pâturage, privilégier les parcelles ombragées si non et dès que c’est possible privilégier de les sortir le soir après la traite.
Tout ce qui est préconisé est d’autant plus vrai pour les vaches taries !
La déshydratation peut conduire à l’avortement de la vache gestante ou tout du moins au raccourcissement de sa gestation. De plus un stress thermique induit une baisse d’immunité très préjudiciable pour les vaches taries qui commencent leur prochaine lactation : maladies post partum augmentées, sensibilité accrue aux mammites, baisse de la qualité du colostrum…
Ne pas négliger les petits veaux qui doivent avoir de l’eau à disposition dès les premiers jours de vie ainsi que les génisses.
Article rédigé par Margaux FROMONT – Conseillère bovin lait chez Copelva